Finale de la CAN 2025 : le sacre du Sénégal contesté, une décision historique attendue de la CAF

Finale de la CAN 2025 : le sacre du Sénégal contesté, une décision historique attendue de la CAF

Huit jours après la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 remportée par le Sénégal face au Maroc, la polémique ne faiblit pas. Entre décisions arbitrales contestées, incidents extra-sportifs et interprétations strictes du règlement, l’issue officielle de la compétition pourrait encore basculer.

Une finale sous haute tension

La 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations devait se conclure par une fête du football africain. Pourtant, la finale opposant le Maroc au Sénégal s’est rapidement transformée en un match sous tension extrême. Dès le coup d’envoi, le climat est apparu électrique, aussi bien sur la pelouse qu’en dehors.

Depuis la rencontre, disputée il y a plus d’une semaine, les débats se multiplient autour de décisions arbitrales controversées et d’incidents extra-sportifs, notamment des vols de serviettes et des comportements jugés provocateurs. Le Maroc conteste ouvertement certains actes attribués au sélectionneur sénégalais Pape Thiaw ainsi qu’à plusieurs joueurs des Lions de la Teranga.

Un fait de jeu au cœur de la controverse

L’élément déclencheur de la crise reste un épisode inédit lors d’une finale de CAN. Sur instruction directe de leur sélectionneur, des joueurs sénégalais sont volontairement sortis de la pelouse. Cette action a provoqué une interruption du match de plus de 15 minutes, plongeant le stade dans l’incompréhension.

La rencontre n’a finalement repris qu’après l’intervention décisive de Sadio Mané, capitaine emblématique du Sénégal, qui a appelé ses coéquipiers à regagner le terrain. Quelques minutes plus tard, le Sénégal a trouvé l’ouverture par Pape Gueye, auteur du but victorieux à la 94ᵉ minute, en plein temps additionnel.

Sur le plan sportif, le Sénégal a été officiellement déclaré vainqueur et a même célébré sa deuxième étoile dans les rues de Dakar. Mais sur le plan réglementaire, le débat est loin d’être clos.

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Le Maroc saisit la CAF et la FIFA

Estimant que le règlement n’a pas été respecté, la Fédération marocaine a saisi à la fois la Confédération africaine de football (CAF) et la FIFA. La démarche repose sur une lecture stricte des textes encadrant la CAN, notamment en ce qui concerne l’abandon ou le retrait volontaire d’une équipe.

Une réunion décisive est prévue sous l’autorité de la CAF afin de rendre une décision officielle sur cette finale controversée. Selon les informations disponibles, le verdict est attendu pour le mardi 27 janvier 2026.

Une lecture juridique implacable du règlement

Dans les médias marocains, et en particulier sur Le360 Sport, l’avocat Mouarad El Ajouti, président du Club des avocats au Maroc, a livré une analyse juridique particulièrement sévère pour le Sénégal.

« Le retrait volontaire est qualifié d’abandon de match en vertu de l’article 148.1 du CDC »

L’article 148.1 du Code disciplinaire de la CAF assimile en effet toute sortie volontaire à un abandon. Les articles 82 et suivants des règlements de la CAN vont encore plus loin :

« Une équipe quittant le terrain avant la fin réglementaire, sans ordre de l’arbitre, est déclarée perdante »

Un autre point central concerne le rôle de l’arbitre. Selon l’article 6 du Code disciplinaire de la CAF :

« L’arbitre est le seul juge de la sécurité et du déroulement de la partie »

En clair, tout retrait unilatéral est illicite, quelles que soient les motivations avancées par une équipe, sauf cas exceptionnel.

Peut-on rejouer la finale ?

La question d’un éventuel match rejoué alimente les spéculations. Pourtant, le règlement est très strict. Comme le rappelle l’avocat marocain :

« La CAF ne peut ordonner de rejouer un match qu’en cas de force majeure avérée ou de faute technique majeure de l’arbitre »

Or, à ce stade, aucune force majeure officiellement reconnue ni erreur technique majeure de l’arbitre n’a été établie. Cela ouvre la voie à une hypothèse lourde de conséquences : une défaite sur tapis vert du Sénégal.

Une décision aux conséquences historiques

Si la CAF venait à suivre cette interprétation juridique, le Sénégal pourrait perdre son titre, malgré les célébrations déjà organisées à Dakar. Un tel scénario serait sans précédent à ce stade d’une CAN et poserait des questions majeures sur la gestion des crises arbitrales et disciplinaires en Afrique.

Valeur ajoutée et mise en perspective : au-delà du cas Maroc–Sénégal, cette affaire révèle une tension structurelle entre l’autorité sportive, le respect strict des règlements et la pression émotionnelle des grandes finales. La décision attendue de la CAF pourrait créer un jurisprudence majeure, dissuadant à l’avenir toute tentative de pression collective sur le corps arbitral.

La CAF face à un choix décisif

La finale de la CAN 2025 restera quoi qu’il arrive comme l’une des plus controversées de l’histoire récente du football africain. Entre victoire sportive, contestation réglementaire et enjeux institutionnels, la CAF se retrouve face à un choix crucial : confirmer le sacre du Sénégal ou réécrire l’issue officielle de la compétition.

La décision attendue le 27 janvier 2026 ne concernera pas seulement un trophée. Elle définira aussi la capacité des instances africaines à faire respecter leurs propres règles, dans un contexte où la crédibilité et l’équité des compétitions sont plus que jamais scrutées.

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